Mickaël Arcos

mardi, décembre 29, 2009, 02:00 PM ( 27 lectures ) - Livres - Posté par Mickaël
Un homme et son fils parcourent le pays, désert, anéanti sous la cendre et à la merci de vagabonds isolés ou en bande, cherchant de la nourriture, de l'eau, un refuge. L'homme et son fils en fontt partie. Ils ont "le feu", un revolver qui peuvent leur donner l'avantage face aux mauvaises rencontres. Ainsi il survivent pendant des mois, des années sûrement.

Les saisons n'existent plus vraiment. Il fait froid. Le ciel et la mer sont gris. Tout est décimé. Le temps non plus n'existe plus. Combien de temps marchent-ils ? Où vont-ils ? D'où viennent-ils ? Ces questions n'ont plus d'importance. Il faut trouver à boire, à manger. Pour rester en vie, pour sauver le petit aussi. Pour voir si vraiment tous le pays est décimé. Est-ce vraiment possible ? D'atrocité en atrocité, protéger et pousser le caddie de vivres et de couvertures le long de l'interminable route est l'unique objectif. Vers le sud, où il fera plus chaud. La route est la surface la plus praticable pour tous, qu'on ne voit pas, et donc la plus dangereuse.

McCarthy réussit à faire de ce que chaque histoire nécessite pour se raconter, des éléments sans importance. Tellement mineurs par rapport à ce que rester en vie veut dire et occupe l'esprit. Les noms des personnages, les lieux, ...

L'écriture est déroutante. Tantôt confuses, tantôt virtuose. Voici un extrait, page 162.

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Ils commençaient à rencontrer de temps à autre de petits cairns de pierres au bord de la route. Il y avait des repères dans une lngue de gitans, des signes de piste inutiles. Les premiers qu'ils voyaient depuis pas mal de temps, fréquents dans le nord, jalonnant le chemin de fugitifs échappés de villes pillées et exsanguees, messages sans espoir à des êtres cherss perdus et morts. En ce temps-là déjà tous les mgasins d'alimentation avaient fermé et le meurtre régnait partout sur le pays. Le monde allait être bientôt peuplé de gens qui mangeraient vos enfants soous vos yeux et les villes elles-mêmes seraient entre les mains de hordes de pillards au visage noirci qui se terraient parmi les ruines et sortaient en rampant des décombres, les dents et les yeux blancs, emportant dans des filets en nylon des booîtes de conserve carbonisées et anonymes, tels des acheteurs revenant de leurs courses dans les économats de l'enfer. Le tals noir et mou volait à travers les rues comme l'encre d'un froid s'insinuait sous la peau et l'obscurité tombait de bonne heure et les pillards courant lees canyons abrupts leurs torches à la main trouaient les congères de cendre de soyeuses crevasses qui se refermaient sur leurs pas aussi silencieusement que des yeux. Sur les routes là-bas les fugitifs s'écroulaient et tombaient et mouraient et la terre glauque sous son linceul suivait tant bien que mal son chemin de l'autre côté du soleil et s'en retournait aussi vierge de toute trace et tout aussi ignorée que la trajectoire de n'importe quelle planète soeur innommée dans le noir immémorial.
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Leur mort est inévitable. Mais comment cela a-t-il bien pu commencé et va-t-il bien finir. Il faut dévorer le livre, comme je l'ai fait, pour se mettre à leur place.

dimanche, décembre 27, 2009, 02:12 PM ( 21 lectures ) - Livres - Posté par Mickaël
Shan Sa est une écrivaine française d'origine chinoise. Dans son livre La joueuse de go elle nous plonge dans deux histoires enchevêtrées. L'une est celle d'un soldat japonais qui occupe la Chine, la Mandchourie. L'autre celle d'une jeune femme chinoise au cœur de la Mandchourie occupée. Il évolue avec son régiment dans diverses villes. Elle étudie, découvre l'amour, la trahison, la violence, la mort, ... et insatiablement joue au jeu de go place des Mille Vents. Elle joue contre des inconnus. Elle joue contre le même inconnu. Une partie infinie, ponctuée par des attaques japonaises, des enlèvements, des relations sexuelles, des morts, de l'alcool, de l'espoir et du désespoir.

L'histoire est touchante. Le récit est saccadé, à l'image de la vie de ces peuples en guerre. Rien n'est superflu et l'histoire est comptée avec beaucoup de pudeur. Une très belle histoire.

vendredi, décembre 18, 2009, 11:26 PM ( 24 lectures ) - Musique - Posté par Mickaël


Bienvenue dans le monde merveilleux du ballet russe (Noureev) et de la musique de Tchaïckovsky. Le traditionel ballet joué à l'opéra Bastille tient ses promesses. Quel monde merveilleux ! Dans ce spectacle de toute beauté, tout est parfait. La mise en scène est extraordinaire. Alors que dans la fosse l'orchestre joue l'ouverture, le rideau se lève sur un extérieur nocturne et froid, où pénètrent mondains dans un salon qui se révèle au deuxième tableau. Clara y reçoit de son oncle un casse-noisette en forme de soldat qui prend vie en rêve et devient son prince charmant. Tantôt dans la grande salle de bal, tantôt dans le salon les protagonistes, dont beaucoup d'enfants, s'animent d'une grâce sans pareil, à l'image de la musique.

Deux heures de pur bonheur dont seul n'a d'égal son contraste avec la réalité, soudain glauque et bruyante lorsqu'on s'éloigne de cette inimitable féérie.

lundi, décembre 7, 2009, 10:07 PM ( 21 lectures ) - Cinéma - Posté par Mickaël


Le dernier film d'Emmerich voit grand. TRES GRAND (comme les lettres de 2012). Bon il fallait s'y attendre, dans les 300 millions de dollars de budget, seulement 57,95 dollars ont été consacrés au scénario (écrit par le fils du réalisateur de 7 ans) : un groupe d'élites politiques et scientifiques fuient la catastrophe planétaire la plus dévastatrice de l'histoire menée à anéantir l'espèce humaine.

Le film dure 2h40. Je refais. Un groupe d'élites BADABOUUUUUUUUUUUM PRRR PRRR PRRR DES CREVASSES SE FORMENT A LA SURFACE DE LA CALIFORNIE PATATRA politiques et LA VOITURE DU CONSERVATEUR DU MUSEE DU LOUVRE QUI EST UNE DS CAR TOUS LES FRANCAIS ROULENT EN DS EXPLOSE SOUS LE PONT DE L'ALMA OU EST MORTE AUSSI LA PRINCESSE DIANA scientifiques fuient PCCHHHH PCHHHH LA TERRE EXPLOSE IL FAUT FUIR EN VOITURE ET EN AVION EN SLALOMANT A RAS DU SOL ENTRE LES BATIMENTS POUR FUIR la catastrophe planétaire SPLAAAAAASH PLOUF PLOUF GLOUB GLOUB GLOUB LA PLANETE SOMBRE SOUS LES TSUNAMIS GEANTS ISSUS DES TREMBlEMENTS DE TERRE UIUIUIUIUIUIUIIIIII PINPONPINPONPINPON la plus dévastratrice de l'histoire menée à anéantir PRRRRRRRRRRR GLASP PROUTCH PROUTCH COIN COIN COIN l'espèce humaine GENERIQUE. Heu pardon... Générique.

Les effets spéciaux sont monstrueusement bien faits, l'histoire cataclysmement niaise et clichée, et l'ambiance colorée et bruyante. Dans le même style, la Guerre des Mondes évoque la même issue : un groupe d'individus fuyant la catastrophe dans la masse. Mais là ou Spielberg manie avec une main de maître le suspense et la tension, Emmerich nous balade dans Frontierland.

Je ne peux terminer sans vous compter un extrait (restitution de mémoire)

VOIX AUTOMATIQUE
Choc avec un objet de 8748 mètres dans 1800 mètres

VICE-PRESIDENT
Qu'est-ce que cela peut bien être ?

MAUVAIS ACTEUR
C'est l'Everest Monsieur

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