Mickaël Arcos

samedi, décembre 22, 2007, 06:36 PM ( 34 lectures ) - Musique - Posté par Mickaël
Hélas, ce fut sans Kissin que le concert d'hier soir (vendredi 21 décembre 2007) eut lieu à la salle Pleyel. Evgueni Kissin, le plus célèbre des pianistes contemporains, était souffrant, et la Salle Pleyel s'est bien gardée de le signaler aux nombreux fans venus écouter la star incontestée. Pourquoi ? De nombreuses pistes subsistent, et j'ai tenté d'en découvrir quelques unes avec Sébastien pour élucider le mystère et apaisé notre ultime déception de l'année (espérons-le du moins).

Rapelons le contexte. C'est le 21 décembre 2007, le dernier week-end avant noël, et un concert Orchestre de Radio France (Vladimir Ashkenazy) - Prokofiev. Au programme : Automne (opème symphonique), Concerto pour piano n°3 pour piano et orchestre, et Extraits de la suite Roméo et Juliette. Dans ce programme très intéressant, le concerto pour piano aurait pu passer inaperçu, si le pianiste n'était pas le célébrissime Evgueni Kissin. Pour la salle Pleyel, c'est évidemment le pianiste qui attirera les spectateurs, pour un concert proche de Noël, mais pas si Noël finalement. Le Roméo et Juliette de Prokofiev fait lui aussi mourir les deux amants à la fin... Pas de sapin et pas de boules de Noël pour autant donc.

Mais voilà le pianiste souffrant. Les places qui sont parties comme des petits pains (j'ai eu les deux dernières catégories 4, presque le dernier rang, deux mois avant la soirée), et Evgueni fait faut bond. Il est malade et était la nuit dernière à l'hôpital. La plupart des spectateurs auront lu l'erratum dans le programme, mais Seb et moi on se garde bien de le faire, car on est en retard et il faut monter quatre étages. C'est au moment de voir la touffe entrer sur scène, que la déception nous gagne.

Nous descendons à l'entracte nous plaindre. Nous ne sommes pas les seuls. Un fan de Kissin gueule fort, et veut se faire rembourser les 4 places à 85 euros qu'il a acheté. Il dépense (je le cite) plus de 1000 euros par ans dans des concerts Pleyel, mais il n'aura pas gain de cause. Les responsables sont absents, une représentante de Radio France tente d'apaiser la situation, mais aucun décideurs en face de nous. Nous joignant au chaos nous demandons réparation. Kissin n'y est pour rien, mais plus des trois quart de la salle sont venus pour lui. La salle Pleyel ne veut faire aucun geste ? Grotesque, scandaleux, inadmissible.

Le costume de l'"Accueil invités" nous indique qu'il est au courant seulement depuis aujourd'hui. Je lui demande l'heure, il ne me répondra jamais. Une collègue entre en scène plus tard et nous indique que Pleyel a l'information depuis hier soir. Sur le site, Sébastien et moi-même n'avons constaté aucun erratum. Rappelons que Pleyel a mon nom et mon e-mail, et aurait pu me prévenir de la sorte. Vous avez peut-être suivi le lien plus haut, le pianiste sur le site a bel et bien été changé, mais certainement pas à temps. Jean-Efflam Bavouzet l'a remplacé au pied levé. Interprétation respectable (finale réussi), mais loin, loin de ce que nous étions venus écouter. Autre fait interressant, abeilleinfo difuse la veille à 16h14, soit avant que Pleyel ne soit soi-disant au courant que Kissin sera remplacé par Bavouzet !

Impossible de comparer la réaction de Pleyel par rapport au Théâtre des Champs Elysées. J'avais offert à Seb une place pour Nicolaï Lugansky. Il s'était également porté souffrant. Certes le Théâtre à eu l'information plus tôt que la veille, mais nullement notre investissement avait été humilié. Le même concert avait été reporté plus tard dans l'année, et j'ai bien été prévenu... par e-mail. Ainsi même si la salle Pleyel ne peut prévoir un tel événement, il faut dédommager les visiteurs à la hauteur. C'était ma première expérience à Pleyel, et j'ai payé une place pour un concert qui a changé au dernier moment, avec un artiste que je n'aurai pas été écouter. Légalement ils peuvent nous laisser ainsi, mais est-il vraiment dans leur intérêt de nous abandonner ainsi ?

Je surveille mon courrier électronique, et m'apprête à user du seul recours en mon pouvoir, le courrier. Un courrier partira pour Pleyel, et un autre pour Radio France. Le cadeau que j'ai offert à mon frère n'était pas le bon, et je veux qu'ils me remboursent ou proposent un équivalent.

Finalement, la salle Pleyel est belle, Ashkenazy est en pleine forme, le Roméo et Juliette sensationnel (Automne anecdotique), et les spectateurs ressassent leur déception sur la toile.

samedi, décembre 15, 2007, 11:01 PM ( 30 lectures ) - Photo - Posté par Mickaël
Voici quelques photos du parc des Buttes Chaumont, prises le week-end dernier pour une promenade d'hiver. Il faisait plus froid qu'une FNAC Forum ou qu'un Virgin Champs-Elysées bondés par des généreux en retard, profitant pour les moins pollueurs (et les plus pragmatiques) du transport RATP gratos pour les deux jours du week-end. Avec des grèves en prime.

On a fait cette balade sous le guide éclairé Parcs et Jardins de Paris à pied. Touritos-bobo de première que nous étions, mais je partage avec vous l'histoire et l'intérêt du site. Pour les flemmards et les pressés (qui font semblant de n'être que pressés), vous avez toujours les photos.


A l'entrée du parc, métro Buttes Chaumont


"Sympa, la lumière", qu'il a dit Nicolas


Point culture : Avec ses 24,7 hectares et ses 5 km d'allées, le parc des Buttes-Chaumont est le 3ème espace vert de Paris après le cimeti-re du Père-Lachaise et le parc de La Villette. C'est le plus grand des trois jardins légués par Napoléon III à la capitale : il est l'oeuvre de l'architecte Davioud et de l'ingénieur Alphand, qui conçut aussi les parcs Monceau et Montsouris. Une multitude d'oiseaux y vit.

Le nom des Buttes-Chaumont viendrait du mont Chauve car la colline était réputée pour être aride... (moi je ne vois pas le rapport). Plusieurs rudes batailles s'y déroulèrent : la victoire de Montfaucon en 885 où les Normands furent repoussés par le comte Eudes de Paris et la défaite contre les Prussiens en 1814.



Un arbre stupide. C'est quoi en fait ?

Ma préférée. Je l'intitule Maîtres à bord


Cette dernière photo était prise du Belvédère orné du temple de la Sibylle :


Le temple de la Sibylle.


Point culture : ce temple est une copie du temple de Tivoli, et est édifié par Davioud (architecte à l'origine du parc)



Vue depuis ce même belvédère. Montmartre dans la brume-pollution

Vue du parc et du lac

Le lac (gelé). Trop marrant de marcher dessus.

Autre vue, avec le temple et le bateau échoué

Couché de soleil sur le temple


Point culture : Le quartier des Buttes-Chaumont est célèbre depuis l'antiquité romaine pour avoir abrité des carrières de gypse. Les Romains utilisaient déjà le gypse, car porté à une température de 12¨°C, il se transforme en plâtre. C'est cet usage qui aurait valu à Paris le surnom de "Lutèce la Blanche". Mais c'est au 19ème siècle que furent creusées les fameuses carrières qui changèrent la physionomie de la butte. La précieuse matière était acheminée jusqu'au Etats-Unis, ce qui a valu au quartier son nom de "quartier des carrières d'Amérique".

La falaise s'élevait à une hauteur de 45 mètres. Ce lieu escarpé et inculte servait de bassin de décantation : on faisait sécher les matières recueillies qui servaient ensuite à la fabrication d'un engrais. Ce n'était pas le seul attrait de la butte, puisqu'elle permettait de se débarasser des cadavres de chevaux : une décharge à ciel ouvert tolérée, qui se situait encore en dehors des limites de la ville de Paris. Après l'annexion en 1860 des communes périphériques, l'habitude restera d'y jeter toutes sortes d'ordures.
Ce sera tout pour aujourd'hui. Joyeux Noël et bonnes fêtes de fin d'année.

vendredi, décembre 7, 2007, 01:39 PM ( 21 lectures ) - Cinéma - Posté par Mickaël
Film de Martin Scorsese de 1977, avec Liza Minnelli et Robert de Niro. Après la seconde guerre mondiale, Jimmy Doyle, saxophoniste, ne pense qu'à rencontrer des femmes, dont Francine Evans. Bien que le thème de fond de ce film est le jazz, on apprend que chacun des personnages jouent de la musique (saxophone pour Jimmy et chant pour Francine), que lors d'une audition que Jimmy donne - et remporte grâce à Francine - dans un cabaret new-yorkais.

Le thème de la musique est donc apporté subtilement et prendra de plus en plus de place tout au long du film (à mon grand bonheur). Grosse déception pour moi du couple Scorses - De Niro, que j'ai réellement connu avec Raging Bull, car nous avons à faire ici au même type de personnage pour De Niro. Un homme brutal, stupide, égoiste, avide de femmes, d'argent et de succès... extrêmement bien joué certes, mais décevant dans la mesure ou l'on retrouve exactement le même schéma. En fait je devrai plutôt dire que Raging Bull est une redite de New York New York sur ce point, car réalisé plus tard, en 1981. Mais le personnage va plus loin et y est plus complexe dans Raging Bull (notamment par la relation fraternel - "You Fucked my Wife !").

Bref, Jimmy foire tout (sauf la musique) à cause de son comportement de chien, alors qu'il était en tournée, avec Francine, dans les Etats-Unis et le groupe de jazz Harte. Agréablement on ne supporte pas les déboires de ce club, qui est abandonné, puis racheté par Jimmy, puis revendu de nouveau... Ca se passe assez vite (alors qu'on s'ennuyais sur Ray par exemple sur tous ces points administratifs). D'autant plus vite que Francine tombe enceinte, repars à New York, non retenue par Jimmy qui plus tard refusera de voir l'enfant : C'est de ta faute si tu es tombée enceinte, moi je n'ai rien demandé. C'est d'ailleurs dans la scène de l'hopital que tout se joue finalement. Le couple se sépare, chacun vit sa vie musicale de son côté, et le film devient étonnamment, et merveilleusement musical.

Scène mythique : alors que l'enfant dors sur le sofa du studio de répétition, Francine enregistre le disque au titre (et au tube) symbolique : The world is turning round (le monde continue de tourner). La répétition sur plan fixe s'approche de la chanteuse, l'entourant d'un projecteur suiveur, comme si elle était sur scène. Le chant prend toute la place dans cette séquence et embellit de manière absolument fantastique l'ambiance glauque du studio et la lourde peine sentimentale qu'elle porte. Pourtant c'est là que le succès commence (matérialisé en avance par le projecteur justement).
Jusqu'à la fin du film les séquences musicales se poursuivent, les chansons sont jouées en entier, et l'histoire en somme entre Jimmy et Francine laisse place à la musique.

J'ai été assez déçu par l'histoire du couple qui se brise et tente de se reconstruire, car encore une fois il est basé sur une souche bancale qu'est le personnage de De Niro, bourré de vice et dont on sait dès le début qu'il est la quasi seule cause de la mésaventure. J'en ai déjà assez de voir De Niro dans ce même personnage dans les films de Scorcese. En revanche le génie de Scorsese se manifeste également dans la manière de filmer la musique, de faire vivre les personnages rien qu'en les faisant jouer et chanter. Francine chante beaucoup mieux à la fin du film qu'au début, car elle a une carrière derrière elle, et dans cette scène finale ou Jimmy vient l'écouter par surprise elle y est remarquablement mise en valeur.

Je sais que Scorsese a réalisé un épisode de la série Clint Eastwood sur la musique (le Blues), que j'ai désormais envie de voir. Je garde en tête de ce film la magnifique séquence de l'enregistrement de Francine Evans... que je vais revisionner dès ce soir dans le train en rentrant du boulot !

dimanche, décembre 2, 2007, 10:51 PM ( 29 lectures ) - Photo - Posté par Mickaël
Voici quelques photos que j'ai prises à Paris cette semaine. Effet Noir et Blanc après être tombé sur une photo d'un quai de Paris en N&B que j'ai vraiment adoré. Cliquez ici pour tout voir et cliquez sur les photos pour les voir en grand.













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