Mickaël Arcos

samedi, octobre 22, 2011, 08:46 PM ( 113 lectures ) - Boulot - Posté par Mickaël
J'ai découvert le concept d'entrevue informationnelle lorsque j'étais au Canada (informational interview, en anglais). C'était assez pratiqué là-bas, et très connu, alors qu'en France peu de gens en entendent parler, à tort.

C'est hyper simple. L'idée est de rencontrer une personne digne de votre intérêt, en général sur le plan professionnel, et de tirer profit d'un échange informel. Il n'y a pas vraiment d'attente précise. Ce n'est pas un entretien d'embauche, ni une bonne bouffe avec un pote, ni une prospection commerciale.

En fait, tout est dans le nom, c'est pour avoir de l'information. Il y a une relation un peu mentor / mentoré, le temps très court de l'entretien.

Voici les quelques points communs que j'ai rencontré à faire ces entrevues en France :
- La personne accèpte quasiment toujours, en particulier lorsque vous avez un contact en commun. Corrolaire, avant de partir, dégotez deux ou trois nouveaux noms pour pouvoir continuer avec d'autres ("j'ai rencontré untel que vous connaissez aussi, c'est génial hein ? J'aimerais vous rencontrer aussi").
- Même s'il n'y a aucune convention, je me suis toujours fait inviter. Sympa.
- Ce n'est pas un entretien pro, et d'ailleurs en général le gus ne peux rien faire pour moi, mais avoir un CV à jour sous la main, ça fait pas de mal.
- Je prends toujours des notes. Sinon impossible de me rappeler de tout après quelques entrevues.
- Ca peut tout à fait se faire par téléphone.
- Je remercie toujours le temps qu'on m'a consacré par un e-mail court en rentrant chez moi. Et je garde mes contacts pour les informer plus tard de mon évolution, donner mes nouvelles.

Comme vous pouvez le voir, certains points se rapprochent du networking. En fait c'est aussi un outil de networking. J'ai pratiqué ces entrevues en France pour mieux connaître le milieu commercial de la musique classique. J'ai beaucoup appris grâce à cette méthode.

Par rapport au Canada je dirais que :
- En France l'entretien a plutôt tendance à durer 1h30 contre 30min au Canada. C'est un peu chelou de se voir que pour 30min ici.
- Au Canada l'entretien commence 5 minutes avant l'heure prévue... contre parfois 30min de retard en France !
- En France le mentor se sent un peu obligé d'aller plus loin que l'interview, et propose souvent un bonus (visite des locaux, entrevue avec un recruteur, ...). Au Canada, c'est parfaitement compris qu'on se voit 15 à 30 minutes et on peut ne jamais plus se revoir.
- En France, il faut souvent avoir une "bonne raison" de se voir, comme par exemple avoir un contact en commun. Au Canada, comme l'exercice est plus répandu, ce n'est pas nécessaire, même si au premier contact il faut quand même convaincre un minimum.

J'aime la phrase de ce document : "La plupart des gens aiment parler de ce qu’elles/ ils font – n’hésitez pas à demander." C'est une des bases des entrevues informationnelles. Dans le même document vous verrez à quel point le sujet est présenté ici comme un outil de recherche à l'emploi. Comme je l'ai dit, c'est du réseautage, et le réseautage mène souvent à des opportunités professionnelles.

Je rajouterais pour terminer : "C'est quand on a besoin de rien qu'on obtient le plus".

samedi, octobre 15, 2011, 05:50 PM ( 92 lectures ) - Peinture - Posté par Mickaël
Le musée d'art moderne du centre Georges Pompidou regorge d'oeuvres incroyables, de renommée internationale. Sur deux étages, il regroupe les oeuvres contemporaines au quatrième ; et des oeuvres moderne (vingtième siècle) au cinquième. Les deux périodes se différencient surtout par le type d'oeuvre. Alors que le vingtième reste très ancré dans le format tableau, les oeuvres plus récentes sont plutôt des installations et des objets (architecture, design).

J'ai sélectionné ici trois tableaux qui a eux seuls valent le coup de visiter ou revisiter ce musée de tout premier rang.

Pendant la visite, il est possible (et encouragé) de se greffer à un groupe avec guide, même pour enfants. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ces oeuvres sont accessibles, et par leur taille et leur présentation ne laissent personne indifférent, même les moins sensibles. Mais un petit coup de pouce, en particulier pour replacer l'oeuvre dans son contexte, ne fait jamais de mal. Suivez les liens que je donne plus bas avant d'aller visiter, et vous serez incollables.

Jaune - Rouge - Bleu de Vassily Kandinsky (1925n Huile sur toile, 128 x 201, 5 cm).

"L’œuvre est composée de deux parties qui s’opposent : lignes géométriques à gauche, formes libres à droite. L’accent principal est mis sur les trois couleurs primaires qui, de gauche à droite et dans l’ordre : jaune, rouge, bleu, articulent la composition. L’opposition du jaune chaud, lié au mouvement, et du bleu froid, stable, lié à la forme du cercle y est mise en jeu. La partie jaune est lumineuse, légère, des fines lignes droites et noires l’accompagnent. Elle s’inscrit sur un fond pâle aux bords bleu-violet où la peinture est appliquée de manière à produire la sensation d’un ciel avec ses nuages évanescents qui semblent se prolonger au-delà du tableau. A l’opposé, la partie droite est sombre, le cercle bleu se détache sur un fond jaune clair, rythmé par la ligne serpentine noire d’épaisseur variée. Entre les deux polarités du jaune et du bleu, se déploie une multiplicité de formes : rectangles rouges, se lisant derrière les transparences des formes biomorphiques, damiers en couleurs et noirs et blancs." (source)


Pablo Picasso, Deux Femmes sur la plage (Femmes devant la mer), 16 juin 1956, Huile sur toile, 195 x 260 cm.

Surfaces planes et volumes s’imbriquent dans l’espace, et la peinture dialogue avec la sculpture, selon l’habitude de Picasso de passer indifféremment de l’une à l’autre. Les détails des visages, le motif du miroir à la main où se regarde la femme de gauche, se subordonnent à la puissante structure d’ensemble. La couleur elle-même, réduite à l’essentiel, détache les deux nus ocre-rouge du fond bleu pâle. Tandis que la figure de gauche dresse son torse à la verticale, l’autre s’incurve, prolongeant ce mouvement dans le cou qui se baisse pour finir dans le rectangle du bras." (source)

Nicolas de Staël, Les Toits, 1952 Huile sur isorel, 200 x 150 cm.

"Intitulé Ciel de Dieppe ou Les Toits, ce tableau monumental de 200x150 prolonge la série des “murs” de 1951 (présentée également dans l’exposition), avec le souci de partir d’un véritable référent visuel: le ciel vu à Dieppe ou les toits parisiens qu’il voyait de son atelier. Néanmoins la référence au réel est soumise aux exigences d’une composition qui nie les lois de la perspective et qui s’organise à l’enseigne de la frontalité. Ici le ciel s’allonge jusqu’à l’entassement des tesselles aux tonalités sombres qui occupent la partie inférieure du tableau." (source)

samedi, octobre 8, 2011, 09:11 PM ( 23 lectures ) - Cinéma - Posté par Mickaël
Le second film de Nadine Labaki, après Caramel, est chargé de toutes les émitions. Dans un petit village d'un Liban déchiré par la guerre entre chrétiens et musulmans, les femmes meurtries par les pertes déjà lourdes des hommes qu'elles ont aimé, font tout leur possible pour établir une paix locale.

L'humour est de mise. Les stratagèmes déployés par ces femmes sont souvent drôles, parfois tragiques, mais toujours fondés sur l'objectif unique de vivre dans un bonheur isolé. Les hommes, malgré eux, se déchirent à la moindre marque d'irrespect envers leur religion. La vie en communauté semble n'être pour eux qu'une façade.

Malgré un cliché homme-femme marqué (les femmes n'éprouvent aucun sentiment religieux manifestement, et les hommes libidineux, aucune mesure), Labaki réalise le tour de force de nous immerger dans un conflit religieux destructeur, sans en parler directement. Le point de vue féminin choisi par la réalisatrice nous fait part du meilleur comme du pire, même dans l'isolement le plus démuni. Un film à voir, ayant reçu le prix oecuménique à Cannes, sous Un certain regard.

Photo Allocine
Fiche Allociné


samedi, octobre 8, 2011, 07:53 PM ( 23 lectures ) - Cinéma - Posté par Mickaël
Dans le dernier film de Jean-Marc Moutout, Jean-Pierre Darroussin campe un employé lambda dans une banque lambda d'un pays lambda où la stabilité des banques est suspecte (la France). Il entre dans son bureau, un matin comme tous les autres, armé d'un pistolet, et tire sur ses collègues. L'histoire est tirée d'un fait réel.

Darroussin campe un personnage du quotidien, qu'il interprête très bien. D'ailleurs on a parfois du mal à imaginer l'acteur dans un autre rôle, tellement il a l'air né pour ça. Le film est d'un réalisme touchant, et effrayant. A petit budget, seulement une quinzaine d'acteurs, ce long-métrage impressionne par sa justesse et sa simplicité. L'enchevêtrement bien ficelé des flash-back nous permet de connaître de mieux en mieux ce chargé d'affaires à la BICF.

Cependant (il y a toujours un cependant), le film manque de sursaut et d'inconvénience. Il est prévisible en tout point. Le côté réalisme perd de sa superbe tant la vie de bureau y paraît finalement assez peu photogénique.

Photo Allociné
De bon matin sur Allocine



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