Mickaël Arcos

dimanche, juin 26, 2011, 06:24 PM ( 26 lectures ) - Musique - Posté par Mickaël
J'ai choisi d'assister deux fois à l'émission en direct "le Magazine", de France Musique, qui accueille des musiciens tous les jours de la semaine de 18h à 19h.

Les pianistes Eric Le Sage, Jean-Frédéric Neuburger et Vanessa Wagner étaient invités la semaine dernière dans le cadre du festival des Serres d'Auteuil. Le décor n'est pas soigné, la cabine technique donne sur le studio à travers une vitre, une lumière rouge indique le direct et Lionel Esparza marche en parlant, s'adresse aux pianistes alors qu'ils sont encore sur leur tabouret, tourne les pages lorsque nécessaire.

Le vendredi 24 juin, ce sont Jean-François Zygel et Antoine Hervé qui présentaient en musique leur dernier coffret CD-DVD "Double Messieurs". Les deux pianistes improvisent ensemble sur des idées proposée par l'animateur. Ils ne se regardent pas en jouant. Un événement tragi-comique arriva lorsque pour terminer la séance, un morceau de quatre minute doit être exécuté. Antoine Hervé, dos à l'horloge, veut terminer coûte que coûte, se lève, regarde pour une fois son compère pour lui dire qu'il va terminer, ou lui demander quand est-ce qu'il termine; alors que l'autre surveille d'un coin de l’œil l'horloge que tous pouvons voir. En tout cas, l'improvisation a pour sûr respecté le thème "coda" !

Écouter l'émission du vendredi 18 juin.
Écouter l'émission du vendredi 25 juin.
France Musique

dimanche, juin 19, 2011, 11:37 AM ( 30 lectures ) - Voyages - Posté par Mickaël
C'est la durée pendant laquelle j'étais hors de France. 1 an à Calgary, dans le cœur du Canada économique et traditionnel, et 4 mois dans toute l'Argentine, sauvage et aux portes de la modernité.

Pour certains la vie est une succession d'événement temporaires, de ruptures, de reprises. Pour d'autre, comme moi, c'est un long fil qu'on tire un peu partout en y agrippant des personnes, des lieux, des souvenirs...

Une succession au hasard de lieux et de rencontres.

Les voyages ne forment pas la jeunesse mais la découverte ouvre l'esprit. L'installation, la réinstallation, le déménagement et le déplacement permanents réduisent la matérialité à son plus simple élément. L'enveloppement social devient précieux, comme fragile. Les gadgets disparaissent avec la technologie, la nature prend tout le sens, et la beauté ne semble jamais fabriquée.

Pourtant au quotidien, c'est beaucoup de choix et de décisions, d'organisation désorientée, de rendez-vous, de préparation, ce dont je témoigne pour le Canada dans mon guide "Vivre et travailler au Canada anglophone", que vous pouvez vous procurer ici.

Ce billet a une finalité : je rouvre mon blog personnel.

Photo: El Bolson, Rio Negro, Argentine.

mardi, janvier 19, 2010, 11:06 AM ( 25 lectures ) - Musique - Posté par Mickaël
L'Opéra de Paris présente à son opéra Bastille une production de Werther de Jules Massenet avec en tête d'affiche Jonas Kaufman et Sophie Koch.

L'histoire est inspiré du roman épistolaire de Goethe, Les souffrances du jeune Werther. Bien que français, l'opéra fut créé à Vienne dans une traduction allemande, et connu le succès un peu partout dans le monde occidental sauf à Paris, qui le créditera de chef-d'oeuvre bien plus tard.

Apparemment assez éloigné du texte de Goethe, Massenet, à travers ses librettistes, allège et simplifie les personnages en leur donnant des rôles plus attendus. Ainsi se résumerait l'histoire alors : Charlotte, fiancée à Albert, se laisse éprendre par Werther, ami d'Albert. Bien qu'arrangée, Charlotte privilégie sa relation avec Albert, se marrie, et tente en vain d'oublier Werther, qui se suicide de désespoir.

Cette intrigue est en fait supplantée, à Bastille, d'une mise en scène impressionante. Jonas Kaufman dans le rôle de Werther y joue pour beaucoup. Peu à peu la gaîté du premier acte, par la répétition de chants de Noël aux enfants par le bailli, laisse place au tragique de l'amour impossible. La fin de Werther coïncide avec la date de Noël, où les chants des enfants doublent la mort de Werther. Le décors extérieur léger et lumineux fait peu à peu place à des intérieurs lourds et sombre, nous plongeant dans le désespoir.

J'ai pris une place un peu par hasard, attiré surtout par Jonas Kaufman qui fait beaucoup parlé de lui en ce moment à l'Opéra : il renouvelle le jeu sur scène en osant plus que ses prédécesseurs. En plus de son physique à faire tomber les demoiselles (de tout âge), il chante divinement, ce qui fait de lui un artiste phénoménal. Il ouvrait la Scala de Milan avec Carmen dans le rôle de Don José. Ainsi je me procure une place de dernière minute, à 20 euros. Du 12ème rang, je vois tout, j'entends tout, je me délecte.

Même si ça sera très différent que dans la salle, vous pouvez voir cet opéra en direct sur Arte le 26 janvier 2010 et l'écouter sur France Musique le 23 février 2009. Ou bien sûr en vrai à l'Opéra Bastille !

vendredi, janvier 8, 2010, 07:47 PM ( 19 lectures ) - Musique, Livres - Posté par Mickaël
L'art de la musique selon Gould passe par l'isolement et la solitude. Tel est le constat auquel parvient Michel Schneider au sein de son ouvrage "Glenn Gould Piano Solo". Le pianiste canadien souffre la musique. Son quasi ultime concert de Chicago, alors qu'il avait 25 ans, est la clé de voûte de l'ouvrage. C'est à partir de cet événement que Gould décide de quitter la scène. Il se consacrera à l'enregistrement, avant de décider d'arrêter de jouer du piano en public. Il a alors 50 ans. Il décède. Ses variations Golberg sont à l'essai la structure : un aria, trente variations.

Glenn Gould ne se voyait pas comme un pianiste. Il se voyait comme un compositeur, un penseur et un écrivain. Il laissera peu de traces dans ces domaines. Négligeables en tout cas face aux quelques 80 albums enregistrés, majoritairement pour la musique de Bach.

Michel Schneider, ancien directeur de la musique et de la danse au ministère de la culture de 1988 à 1991, dresse ici un portrait agrégé des divers ouvrages déjà parus sur l'interprète, notamment la trilogie de Bruno Monsaingeon. Il nous partage sa passion en analysant ses comportements, en particulier cette recherche de la solution pour la création musicale, et en annexe l'hypocondrie qu'il nourrit au long de sa vie.

L'essai de Schneider survole un peu tout (bien plus que les ouvrages de Bruno Monsaingeon qui visent l'exhaustivité), interprête, mélange les divers récits parus sur Gould. Telles les Variations Goldberg. Le résultat est convainquant, agréable à lire (pour un initié !), bien que j'échappe souvent à la profondeur visée de ses analyses comportementales.

Voici un extrait de son chapitre 28.

"
Le 10 janvier 1955, David Oppenheim, directeur des disques Columbia, rendit visite à Alexander Schneider dans sa maison de New York. Ils écoutèrent un enregistrement de Dinu Lupatti, et Oppenheim se prit à rêver d'enregistrer un autre pianiste aussi exceptionnel. Schneider, qui avait fait avec Gould de la musique de chambre, répondit que cet autre existait et allait jouer au Town Hall le lendemain. Le 12 janvier, Oppenheim, transporté, signait le premier contrat de Gould. A la mi-juin le pianiste enregistra les Variations Goldberg au studio Columbia à l'angle de la Troisième Avenue et de la 30ème Rue Est.

[...]

En 1955, Gould avait décidé de présenter son disque avec en couverture trente photographies de lui (une par variation), dont chacune montre un aspect de sa personnalité. Sur la dernière version, une seule photographie. L'homme est veilli, plus que vieux (il n'avait pas cinquante ans), usé par les médicaments. Le merveilleux visage d'adolescent qu'il avait su garder longtemps était recouvert d'une suie froide, et il n'y avait plus la musique, comme sur les dernières bandes filmées, pour l'éclairer encore par instants.

La différence entre les deux versions tient en un mot : moins.

Moins vite, moins de tensions et d'intentions, moins de dehors. Gould enlève, il procède par soustraction, omission, ellipse, et pourtant, tout est là. C'est l'incroyable : au bout de ce moins, plus nous est donné. L'art procéderait-il toujours "per via di levare" ? Même s'il ajoute, comme le fait Gould, accentuant les voix intermédiaires, médianes, j'allais dire intérieures. Gould aurait sans doute dit que pour prier, il faut avoir les mains vides
"

Les variations Goldberg (version 1981) ont fait l'objet d'un film réalisé par Bruno Monsaingeon : http://www.youtube.com/watch?v=g7LWANJFHEs (les sept premières)
J'aime cet enregistrement moins connu d'une oeuvre de Beethoven peu connue également : http://www.youtube.com/watch?v=yR5AVUiNI-0

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